Les oiseaux

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oiseau : vertébré à sang chaud appartenant à une classe (Aves) qui se distingue par les plumes qui couvrent plus ou moins complètement leur corps et par leurs membres antérieurs transformés en ailes.

Les oiseaux sont sans contredit le groupe d'organismes le mieux connu de la planète, en partie parce que la plupart des espèces de ce groupe charismatique sont actives pendant la journée, que beaucoup ont des couleurs ou un chant attrayants et qu'il s'en trouve sur tous les continents. L'impressionnante diversité des formes des oiseaux est probablement aussi un facteur important qui les fait apprécier. Leur taille et leurs proportions varient, allant de l'autruche à l'aigle, au pingouin, au canard, au perroquet et à l'oiseau-mouche, pour ne nommer que ceux-là. Une diversité aussi voyante en dit long sur la réussite de leur adaptation à l'environ-nement. Cette adaptation est d'autant plus impressionnante que les oiseaux constituent un rayonnement évolutif relativement récent, les premiers, qui avaient pour ancêtre un animal ressemblant à un reptile, étant apparus il y a 140 à 220 millions d'années.

La caractéristique la plus captivante des oiseaux, est peut-être leur maîtrise des airs. Le développement des ailes a eu des effets profonds sur d'autres aspects de la biologie des oiseaux, même de la petite proportion d'oiseaux qui ne volent pas. La transformation des membres antérieurs en ailes a entraîné l'apparition de tout un éventail de formes de becs qui les aident à saisir, à gratter et à creuser. La diversité des becs (longs pour sonder, larges pour filtrer, recourbés pour déchiqueter, pointus pour transpercer, gros et courts pour écraser des graines) correspond de toute évidence à la variété des habitudes alimentaires des oiseaux et aux rôles écologiques qu'ils jouent dans l'environnement. Les oiseaux, qui pollinisent, dispersent des graines, se nourrissent de charognes et sont des prédateurs de tout, des insectes à d'autres vertébrés, sont un lien essentiel dans de nombreux genres d'écosystèmes.

Fait important, le rôle joué par de nombreux oiseaux dans des écosystèmes précis peut varier au cours de l'année, en raison d'un des aspects les plus étonnants de la biologie des oiseaux : la migration annuelle. Les migrations annuelles sont calculées pour permettre aux oiseaux d'éviter le stress des extrêmes de climat tout en leur permettant de profiter des ressources saisonnières concentrées et abondantes. En Amérique du Nord, la plupart des migrations se font du Nord au Sud le long de quatre « voies de migration » principales. Certains des voyageurs les plus impressionnants sur ces routes font partie des deux tiers des oiseaux de rivage d'Amérique du Nord (p. ex. les pluviers, les bécasseaux, les courlis et les huîtriers) qui se reproduisent dans l'Arctique, mais hivernent dans les néotropiques (l'Amérique centrale ou l'Amérique du Sud); certains parcourent plus de 25 000 kilomètres pour effectuer ce marathon annuel. De manière semblable, de nombreuses espèces d'oiseaux chanteurs du Canada hivernent dans les néotropiques ainsi que dans le Sud des États-Unis. Cet échange annuel d'oiseaux avec les régions plus chaudes des États-Unis a un équivalent humain en les « retraités migrateurs » canadiens qui migrent chaque hiver.

Il y a plus de 9 600 espèces d'oiseaux qui sont réparties sur la planète, dont environ 621 sont signalées au Canada. Plus d'un quart de celles-ci sont considérées comme occasionnelles, soit plus que pour tout autre groupe classifié dans le présent rapport. Une si grande proportion d'espèces occasionnelles découle peut-être de la capacité des oiseaux de voler : les grandes distances qu'ils parcourent peuvent donner lieu à des erreurs de navigation importantes et les exposer à la possibilité de dévier de leur route en raison de la mauvaise température. Les espèces occasionnelles mises à part, 462 espèces sont régulièrement présentes à l'intérieur de nos frontières. Dix pour cent environ de celles-ci sont des oiseaux de rivage, 60 % des « oiseaux terrestres » (p. ex. parulines, bruants, roselins, pics, corbeaux, tétras, hiboux, aigles), 22 % des oiseaux de mer (p. ex. guillemots, macareux, sternes, hérons, huards, grèbes) et un autre 8 % de la sauvagine (p. ex. canards, oies, cygnes). La plupart des provinces et des territoires abritent plus de 100 espèces d'oiseaux, l'Alberta, la Colombie-Britannique et l'Ontario en ayant plus de 300. Parce qu'un si grand nombre d'oiseaux sont migrateurs, surtout dans des pays comme le Canada où le contraste entre les saisons est grand, il n'est pas surprenant qu'une seule espèce (le Bruant à face noire) ne se reproduit qu'au Canada. Bien que le Canada n'ait peut-être pas la faune aviaire la plus rare ni la plus riche du monde, il renferme par contre certains des habitats les plus importants pour les oiseaux de la planète. Par exemple, 210 espèces d'oiseaux se reproduisent dans notre forêt boréale, une région qui couvre près du tiers du Canada et représente un tiers des forêts boréales de la planète. De même, les Prairies canadiennes, riches en marécages et en « marmites », sont depuis longtemps qualifiées de « fabriques de canards », étant donné leur rôle dans la production de plus des trois quarts de la sauvagine récoltée annuellement en Amérique du Nord. Nos longs littoraux et les eaux océaniques qui leur sont associées fournissent un habitat à d'immenses colonies d'oiseaux de mer reproducteurs, comme les millions qui se reproduisent chaque année sur les îles de la baie Witless, à Terre-Neuve. La totalité de l'aire de reproduction nord-américaine de deux espèces d'oiseaux de mer (le Goéland arctique et la Mouette blanche) se trouve au Canada. Il en va de même pour deux de nos espèces d'oiseaux de rivage (le Pluvier grand-gravelot et le Bécasseau violet). Finalement, dans le cas de la Grue blanche, le Canada abrite la seule population autosuffisante du monde.

La majorité (75 %) des espèces d'oiseaux du Canada sont classifiées comme étant en sécurité à l'échelle nationale. Les populations de certaines de ces espèces semblent décliner (p. ex. l'Alouette haussecol et le Bruant vespéral). Toutefois, parce qu'elles sont encore répandues ou courantes, on considère toujours qu'elles sont en sécurité dans le présent rapport. Quatre espèces (environ 1 % des espèces canadiennes) sont déjà disparues de la région/disparues (l'Eider du Labrador, le Grand Pingouin, le Tétras des prairies, la Tourte voyageuse), tandis que 21 autres (4,5 %) sont en péril à l'échelle nationale (p. ex. la Chevêche des terriers, le Guillemot marbré, le Courlis esquimau et le Pipit de Sprague). Un autre 2 % des espèces sont classifiées comme étant possiblement en péril à l'échelle du pays, tandis que 12 % sont sensibles. Enfin, moins de 1 % des espèces sont désignées non évaluées ou indéterminées.

La perte d'habitats est le plus important facteur quant à la perte et au déclin de populations d'oiseaux au Canada. D'autres facteurs nuisent aux oiseaux, y compris la fragmentation de l'habitat, les contaminants (p. ex. la grenaille de plomb que certaines espèces de sauvagine ingurgitent), certains pesticides, les accidents (p. ex. la prise accessoire dans les filets de pêche) et l'introduction de prédateurs exotiques (p. ex. les chats domestiques) pour qui les adultes et les juvéniles sont des proies. Les déplacements saisonniers ou la nature coloniale caractéristiques de nombreuses espèces peuvent compliquer ou exagérer la plupart de ces incidences. Par exemple, la majorité des espèces d'oiseaux de mer se rassemblent en colonies de reproduction denses pendant une partie de l'année, tandis que de nombreux oiseaux de rivage se rassemblent pour se reposer et se nourrir pendant la migration (les « escales »). Par exemple, la baie de Fundy assure la subsistance de bien plus de 4 millions de Bécasseaux semi-palmés (70 % à peu près de la population mondiale de cette espèce) pendant leur migration vers le Sud. Tant d'individus rassemblés en un seul endroit signifie que même la perte d'une petite parcelle de leur habitat peut avoir des effets catastrophiques sur beaucoup d'espèces. Toutefois, les déplacements saisonniers des oiseaux rendent très difficiles les activités de conservation parce qu'il faut faire le lien entre des populations, leur taille, leur situation et les impacts qu'elles subissent, et des régions séparées dans l'espace, quelquefois par des milliers de kilomètres. Associer à certaines régions des oiseaux qui se déplacent entre différents endroits géographiques est une des raisons principales pour lesquelles le baguage à l'aide de bagues alphanumériques est si important. Le baguage des oiseaux, et les activités connexes (p. ex. les relevés annuels par des bénévoles, comme le Relevé des oiseaux de Noël) ne sont que quelques-uns des nombreux exemples des activités coordonnées à l'échelle internationale visant à protéger les oiseaux migrateurs. La toute dernière, et la plus ambitieuse, tentative de coopération de ce genre est l'Initiative de conservation des oiseaux de l'Amérique du Nord (ICOAN), un accord conjoint entre le Canada, les ÉtatsUnis et le Mexique.

Tétras du Canada

Le développement des ailes a eu des effets profonds sur d'autres aspects de la biologie des oiseaux, même de la petite proportion d'oiseaux qui ne volent pas. La transformation des membres antérieurs en ailes a entraîné l'apparition de tout un éventail de formes de becs qui les aident à saisir, à gratter et à creuser.

Mésange à tête noire

Bien que le Canada n'ait peut-être pas la faune aviaire la plus rare ni la plus riche du monde, il renferme par contre certains des habitats les plus importants pour les oiseaux de la planète ... 210 espèces d'oiseaux se reproduisent dans notre forêt boréale, une région qui couvre près du tiers du Canada et représente un tiers des forêts boréales de la planète ... les Prairies canadiennes, riches en marécages et en « marmites », sont depuis longtemps qualifiées de « fabriques de canards »

Buse pattue

D'autres facteurs nuisent aux oiseaux, y compris la fragmentation de l'habitat, les contaminants, certains pesticides, les accidents et l'introduction de prédateurs exotiques pour qui les adultes et les juvéniles sont des proies.

Macareux
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